La prescription de l'action en contestation du montant des travaux en CCMI est de 5 ans.
CCMI : l’action pour chiffrage défaillant des travaux réservés se prescrit par cinq ans
Par ordonnance du 7 septembre 2026, le juge de la mise en état du tribunal judiciaire de Saint-Nazaire (1re chambre civile, RG 25/01088) a jugé que l’action de maîtres d’ouvrage fondée sur un chiffrage défaillant des travaux réservés dans un contrat de construction de maison individuelle (CCMI) relève de la prescription quinquennale de droit commun.
Les faits. Des maîtres d’ouvrage ont signé un CCMI en juillet 2018, avec réception en mars 2020. Après une expertise ordonnée en référé en 2022, ils ont assigné le constructeur au fond en avril 2025. Outre des demandes pour désordres, ils réclamaient plus de 15 000 € : un surcoût d’assainissement et le coût de prestations qu’ils estimaient omises ou insuffisamment chiffrées dans la notice descriptive, au regard de l’article L. 231-2 du CCH. Le constructeur a opposé la prescription devant le juge de la mise en état.
La solution. Le juge constate que ces manquements ne créent pas de désordres. Il s’agit de fautes dans la rédaction des pièces contractuelles qui ont déterminé le consentement des maîtres d’ouvrage sur le prix. Le délai décennal de l’article 1792-4-3 du Code civil est donc écarté au profit de l’article 2224.
Le point de départ du délai est fixé :
- à la signature du contrat, pour les prestations mal chiffrées ou omises, les maîtres d’ouvrage devant relever le caractère incomplet du chiffrage ;
- au plus tard au 7 janvier 2020, date de la facture, pour le surcoût d’assainissement.
Dans cette affaire bien que les maîtres d'ouvrage avait fait dans le cadre du référé-expertise mentionné qu'ils se réservaient pour la suite de la procédure la possibilité de contester le contrat de construction et l'insuffisance du prix, ils n'avaient émis aucune prétention dans le cadre de l'action si ce n'est la désignation d'un expert pour les désordres qu'ils dénonçaient.










