Construction et non-conformité sans désordre
Non-conformité au CCMI sans désordre : le tribunal applique le contrôle de proportionnalité et limite l’indemnisation à la moins-value
Par jugement du 25 août 2026 (RG 24/01229), le tribunal judiciaire de Vannes a statué sur une non-conformité contractuelle sans désordre dans un contrat de construction de maison individuelle (CCMI).
Les faits. Le CCMI, signé en septembre 2020, prévoyait un plafond chauffant au rez-de-chaussée. Le constructeur n’en a pas posé dans les WC, la salle de bains, l’entrée et le couloir, et a notamment installé des sèche-serviettes dans la salle de bains. L’ouvrage a été réceptionné sans réserve en novembre 2021. Les maîtres d’ouvrage ont ensuite réclamé 11 190,23 € de travaux de reprise et 5 000 € de dommages et intérêts, in solidum contre le constructeur et l’assureur dommages-ouvrage.
La solution.
- Recevabilité : l’action contre l’assureur est recevable, la déclaration de sinistre visant bien l’absence de chauffage par le plafond.
- Purge par la réception : le tribunal l’écarte. La non-conformité n’était pas un vice apparent, et le mode constructif convenu a force obligatoire, de sorte qu’une réparation est possible même sans dommage.
- Proportionnalité : il applique le contrôle de proportionnalité (Cass. 3e civ., 6 juillet 2023, n° 22-10.884). L’expert n’a relevé aucun désordre : installation conforme à la RT 2012, plafond chauffant techniquement non pertinent dans ces pièces, reprise non préconisée. La reprise est jugée disproportionnée et seule la moins-value est indemnisée, soit 666,55 € TTC.
- Assureur : faute de refus de garantie notifié dans les 60 jours, il est tenu in solidum, avec doublement des intérêts à sa charge. Il obtient toutefois la garantie intégrale du constructeur, hors doublement.
- Autres préjudices : les préjudices de jouissance et moral sont rejetés.










